Quand Pierre Fontvieille joue le DRH
Publié le 5 Mars 2009
ou le HRD , Haut Responsable de la Débâcle
Traumatisé par la dette et par la vague de mécontentement, notre premier adjoint est en quête d'économies à tout va et se remue beaucoup en ce moment.
Il nous faut reconnaître que s'il consacre autant d'énergie à faire des économies qu'il en a consacré à laisser filer une dette sans limite, il va nous en sortir mais le cul par dessus tête.
Puisqu'il faut faire des économies et comme nous sommes en période de crise et comme nous sommes dans le développement durable , il a eu une idée géniale: faire du recyclage.
Il a proposé au personnel (dont une partie est sur le carreau car les musées vont passer au musée, c'est à dire qu'on ne va pas ouvrir ce qui était prévu et pour lequel on avait commencé à recruter), il a donc proposé à certains personnels de la ville d'aller travailler aux campings cet été.
Et donc, pas ou beaucoup moins de personnel saisonnier cet été: on sent tout de suite l'humanité qui transparait dans cet homme de la finance. Aggravons le chômage, c'est notre contribution Cyprianaise au grand déficit de l'Etat et de l'emploi. Comme les grands groupes, profitons de l'aubaine de la crise pour réduire la voilure.
Mais est ce possible et à quel coût et quel risque ?
La première question est celle du statut offert à ces personnels:
Pour les fonctionnaires, les seules positions du code général des fonctionnaires pour atteindre l'objectif assigné par Pierre Fontvieille sont :
-
en activité, c'est à dire dans son poste. Mais s'il travaille à l'EPIC, il y a alors emploi fictif (c'est un air connu).
-
en détachement mais seulement dans une autre administration. Il est payé par l'administration d'accueil éventuellement avec une bonification. C'est l'agent
qui sollicite son détachement . Le retour ne peut se faire que quand un poste correspondant à la catégorie de l'agent est vacant. S'il n'y a pas de vacance ?
- en mis à disposition qui consiste pour un fonctionnaire à percevoir la rémunération de son emploi mais à exercer dans une autre administration que la sienne (seulement dans les cas de nécessité de service et avec l'accord du fonctionnaire).
-
en disponibilité. Le fonctionnaire cesse de cotiser (et son employeur) pour ses droits à retraite et avancement. il n'est pas sur de réintégrer à son
retour. La situation est encore plus difficile que dans un détachement.
Grosso modo, ces modifications du contrat de travail sont très substantielles et nécessitent l'accord de l'agent car ce dernier doit bien mesurer les risques qu'il prend. Bien sûr Pierre offre une prime de 400€ (en vertu de quel texte ?).
Pour les agents contractuels, cela paraît beaucoup plus difficile puisqu'ils ont été recrutés, en principe, parce qu'il n'existe pas de cadre d'emploi (de fonctionnaire) susceptibles d'assurer les fonctions correspondantes. Cela signifie que s'ils changent de poste c'est que le premier emploi n'a plus lieu d'être et donc retour susceptible d'être attaqué devant le tribunal administratif par tout fonctionnaire ....qui gagnera.
Bien entendu, l'organisation des services, et notamment la suppression de l'activité autour des musées, nécessite un avis du Comité Technique Paritaire de la ville qui doit aussi entendre Monsieur Fontvieille sur les modalités de "reclassement des agents". Aux armes, les syndicalistes, défendez vos collègues, ils ont besoin de vous.
Ceci est schématique et à compléter.
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